[Dossier] Quels sont les meilleurs films de l'été 2011 ?

Publié le 10 Octobre 2011

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Découvrez ci-dessous notre classement des diz meilleurs films de l'été. Au programme, des super-héros, des enfants cinéphiles confrontés à un extra-terrestre, des demoiselles d'honneur déjantées, un "meurtrier", des singes en colère et bien plus encore...

 

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10. Mes meilleures amies de Paul Feig ***

 

Très loin des habituelles comédies réservées à la gente féminine telle que Sex and the City (2008), le film de Paul Feig se rapproche d’avantage de Very Bad Trip (2009) pour son côté vulgaire, où ici l’humour salace et scatologique a une place prépondérante. Cette comédie régressive est produite par un habitué des comédies graveleuses, à savoir Judd Apatow. On ne sera donc pas surpris de le retrouver derrière cette hilarante comédie qu’il faut prendre au second degrés (voir troisième), avec son lot de personnages décalés et grossiers où les situations ubuesques, gênantes ou absurdes s’enchaînent à un rythme effréné. Une réussite que l’on doit énormément à ses actrices, à savoir Kristen Wiig, Rose Byrne, Maya Rudolph & Melissa McCarthy. Une comédie très libérale et au combien ordurière où les femmes endossent des rôles qui sont généralement réservés à la gent masculine, un changement qui s’apprécie grandement et qui surtout, permet de redonner un second souffle à la comédie US.

 

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9. Tu seras mon fils de Gilles Legrand ***

 

Dans une exploitation vinicole, le père de famille (et propriétaire des lieux) règne en maître et impose sa loi d’une main de fer. Face à lui, son fils, sans cesse rabaissé par son propre père, reste impuissant malgré sa bonne volonté. Son souhait, reprendre le domaine de ce dernier, mais pour son père, il en est hors de question, il ne parvient pas à voir en son fils, un digne successeur, sous prétexte qu’il n’aurait pas de "nez" et qu’ici, il n’a pas sa place, arguant que son domaine "ce n’est pas un centre Cotorep" en parlant de son fils (dixit passage du film). La mésentente prend alors une toute autre tournure lorsque le fils du régisseur arrive dans le domaine pour gérer les vendanges (en lieu et place du fils). Paul de Marseul (le père), ne jurant plus que pour le fils du régisseur, voyant en lui un successeur à la hauteur, pire, un fils de substitution. Gilles Legrand séduit grandement avec son drame se déroulant dans un milieu assez délaissé par le 7ème Art, celui du vin (l’exploitation vinicole). Un drame psychologique où le face à face viscéral entre un père odieux, ignoble et inhumain et son propre fils prend petit à petit une tournure inquiétante et (bien évidemment) fini par atteindre le point de non retour. On ressent la passion du vin auprès de Gilles Legrand, son intrigue et ses personnages étant parfaitement décrit, on ne peut qu’être sous le charme à la vue du résultat final, surtout grâce à la distribution où l’on retrouve un Niels Arestrup stupéfiant dans le rôle du père de famille irritable. Face à lui, on retrouve aussi un Patrick Chesnais touchant, un Lorànt Deutsch qui a fort à faire pour s’imposer, sans oublier Nicolas Bridet (son rôle était initialement prévu pour Jocelyn Quivrin, décédé quelques temps avant le tournage).

 

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8. Captain America - First Avenger de Joe Johnston ***

 

Pour les néophytes de l’univers Marvel, Captain America est un super-héros de comics créé en 1940 et qui a connu depuis, bon nombre d’adaptations, à la télévision (2 en 1979 sous forme de téléfilms mais aussi sous forme de série animée en 1966) ainsi qu’au cinéma en 1944 et 1990. Avec Captain America : First Avenger (2011), on découvre les origines de ce super-héros hors du commun, de sa création à son heure de gloire. On y fait la connaissance de Steve Rogers, un gringalet qui souhaite se porter volontaire pour combattre les nazis (l’intrigue se déroule durant la Seconde Guerre Mondiale). Ce dernier accepte de se porter volontaire pour une expérience expérimentale visant à le transformer en super-soldat. Passant de frêle à bodybuildé, c’est ainsi que Captain America voit le jour, fin près à mettre un terme à la diabolique organisation HYDRA dirigée par le redoutable Red Skull (qui travaille pour le compte d’Adolf Hitler). Joe Johnston (Les Aventures de Rocketeer - 1991 & Jurassic Park 3 - 2001) est parvenu à mettre de côté (à moindre mesure), le côté patriotique et pro-américain du comic d’origine, au profit d’un film d’époque version blockbuster, à la fois fidèle et passionnant. Plus de 120 minutes dont on ne voit pas le temps passer, entre l’excellent prologue (où l’on découvre Steve Rogers, Dr. Abraham Erskine & Howard Stark), en passant par le tandem Red Skull & Arnim Zola et quelques séquences flirtant avec le second degrés (lorsque Captain America est engagé comme "homme-sandwich" pour inciter les américains à participer à la guerre), quelques séquences d’actions rudement menées (tels que celles de la libération des prisonniers ou celles du train), cette énième adaptation remet au goût du jour un super-héros méconnu en France (mais très populaire aux USA), une énième version efficace et parfaitement mis en scène, sans aucun temps mort et porté par d’excellents acteurs (Chris Evans, Hayley Atwell, Tommy Lee Jones, Hugo Weaving, Stanley Tucci ,Neal McDonough & Toby Jones), après cela, comment ne pas être impatient de découvrir The Avenger (2012) qui réunira entre autre : Captain America, Hulk, Iron Man & Thor.

 

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7. X-Men : Le Commencement de Matthew Vaughn ***

 

Marvel n'en finit plus de faire fructifier ses comic-books, après X-Men 1, 2 & L'Affrontement final (2000/2003/2006), ajoutez à cela un spin-off : Origins : Wolverine (2009), c'est par le biais d'un prequel que nous les retrouvons, avec Le Commencement (2011), qui comme son titre l'indique, s'intéresse de près aux origines des X-Men, à commencer par la rencontre entre Charles Xavier (le professeur X) & Erik Lehnsherr (Magneto) et avec le recrutement des jeunes mutants. Pour l'occasion, le film nous renvoie à l'époque de la Guerre Froide, où les deux héros vont finir par s'allier afin de combattre le mal et éviter que le conflit entre les Etats-Unis et l'URSS ne se transforme en une 3ème Guerre Mondiale. A côté de cela, le film en profite aussi pour brasser plusieurs thèmes, tels que le sentiment d'exclusion, l'acceptation de soi ou encore le désire de vengeance, ce qui, mis bout à bout, nous offre assurément là l'un des meilleurs opus de la franchise. Son avalanche d'SFX et son casting quatre étoiles : James McAvoy, Michael Fassbender, Kevin Bacon, Jennifer Lawrence (jeune actrice très prometteuse !), Rose Byrne, January Jones, sans oublier l'apparition (trop furtive) de Hugh Jackman et la courte prestation de Michael Ironside, nous permet de passer un agréablement moment devant ce blockbuster estival. Matthew Vaughn (Kick-Ass - 2010) confirme ses talents en la matière et nous redonne espoir pour une nouvelle trilogie.

 

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6. Une séparation de Asghar Farhadi ***

 

Une Séparation (2011), qui fut le grand lauréat de l'Ours d'Or et des Ours d'Argent (pour l'ensemble des acteurs principaux) lors de la 61ème Berlinale, est un film universel où ni la barrière linguistique, ni les différences culturelles et religieuses nous empêchent d'apprécier (et d'ovationner) cette perle du cinéma iranien. La complexité humaine mis sur le devant de la scène à travers laquelle on découvre deux univers de la société iranienne à travers le portrait de deux femmes, l'une venant de la classe pauvre et l'autre de la classe moyenne. Des origines sociales et des mœurs différentes, à commencer par leurs religions. Un drame social, humain et moral qui démarre par une histoire banale, celle d'un couple qui décide de se séparer, puis c'est tout un engrenage qui va petit à petit s'autodétruire (avec le mari qui embauche une aide à domicile, tout en prenant soin de ne pas avertir le mari de cette dernière car du point de vue de leur religion, ce serait très mal vue). Un drame vient par la suite tout chambouler et c'est les rouages de l'histoire qui s'en retrouvent affaiblit, ainsi, durant 120 minutes, on suit ce quatuor en pleine débâcle, alternant les scènes au domicile conjugale ou devant le juge. Entre mensonges et recherche de la vérité, le cinéaste ne fait que susciter des interrogations, tout au long du film le spectateur ne fait que douter de la véracité des propos tenu par tel ou tel protagonistes. C'est la force du film, celui de nous immerger au coeur d'une réalité palpable, tel un docu/fiction, d'une rare justesse, le tout magnifié par les remarquables interprétations des quatre acteurs & actrices principaux (qui ont amplement mérités leurs récompenses). Le rapport homme/femme et la religion qui s'immisce au coeur de ce drame nous tient en haleine jusqu'au bout, la justesse de la mise en scène et des acteurs criant de vérité, voilà ce qui fait de ce film, une oeuvre remarquable en tous points.

 

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5. La Planète des Singes : Les Origines de Rupert Wyatt ***

 

Depuis la publication (en 1963) du roman "La Planète des singes" de l’écrivain français Pierre Boulle, l’industrie Hollywoodienne n’a pas tardé à lui trouver un fort potentiel à travers une version cinématographique, comme en témoigne la première adaptation en 1968. Suite à son succès, très vite des suites ont vu le jour (4 pour être précis), de 1970 à 1973, ainsi qu’une série télévisée (1974) et enfin, un remake (2001) de la version de 1968. Plus de quarante ans après la première adaptation, la franchise continue de faire parler d’elle, avec cette fois-ci, non pas une suite, ni un remake, mais un prequel (à savoir que l’histoire du film se déroule avant celle du roman). A la réalisation, on retrouve l’inconnu Rupert Wyatt, qui après nous avoir déçu avec son premier long-métrage (Ultime Evasion - 2008) se retrouve pour son second film aux commandes d’un blockbuster (autant vous dire tout de suite que nous n’étions pas rassuré). On aurait pu crier au scandale, lorsque les premiers teasers nous ont dévoilés les rares images du long-métrage où l’y on voyait des singes numérisés à l’aide de la performance-capture. Les plus nostalgiques d’entre nous avons toujours en mémoire les précédents volets de la franchise où des comédiens interprétaient eux-mêmes les singes (par le biais de masques en latex), cette fois-ci, nous avons droit à des singes entièrement numérisé de la tête au pied, des SFX signés Weta Digital (les créateurs des SFX du film Avatar - 2009), ce qui est un critère de qualité non négligeable de nos jours.

 

A notre grande surprise, Rupert Wyatt parvient sans le moindre mal à nous convaincre, dès le début du film, on tombe littéralement sous son charme, un scénario très riche (de la maladie d’Alzheimer aux les dérives de la science, en passant par l’émancipation de toute une espèce), parfaitement écrit sur toute la longueur, avec d’excellents acteurs (James Franco, Freida Pinto & John Lithgow) bien qu’ils soient tous relégués au second plan par rapport aux singes qui sont les véritables héros du film (en menant une révolution contre l’espèce humaine et en prenant le pouvoir sur la planète). Bien évidemment, la force du film se trouve dans ses nombreux trucages et la performance-capture qui offre une toute autre approche au film, du fait de l’impressionnant réalisme qu’elle confère aux primates (à commencer par le personnage de César, interprété par l’acteur Andy Serkis, la reconstitution numérique du singe (et de ses congénères) est tout bonnement bluffante). 120 minutes durant lesquelles on reste rivé sur notre fauteuil, les yeux grands ouvert afin de ne pas en perdre une miette, une adaptation très réussie, alternant entre des moments de réflexions et des scènes d’actions (notamment le final sur le Golden Gate Bridge de San Francisco). On attend avec impatience une suite digne de ce nom !

 

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4. Super 8 de J.J. Abrams ***

 

Pour son troisième long-métrage, J.J. Abrams (créateur de la série télévisée Lost - 2004/2010) s'est offert son premier scénario original, car jusqu'à maintenant, il n'avait eu droit qu'à des adaptations de séries télévisées (Mission : Impossible III - 2006 & Star Trek - 2009). Avec Super 8 (2011), le réalisateur se fait clairement plaisir en revenant au fondement du blockbuster et surtout, à ses souvenirs d'enfance, d'où une production confiée à un certain Steven Spielberg, ce parrain de génie impose son ombre sur cette oeuvre de science-fiction alternant avec brio entre le fantastique et l'aventure. Très influencé par le cinéma des années 70/80, les références sont légion et le cinéaste ne s'en cache pas (avec Spielberg et sa société Amblin, c'est l'évidence même), ainsi on pourra citer entre autre, Rencontres du 3ème type (1977) & E.T. : L'Extra-Eerrestre (1982) de Spielberg, Les Goonies (1985) de Richard Donner (produit par Spielberg), Stand by Me (1987) de Rob Reiner ou encore Cloverfield (2008) de Matt Reeves (produit par J.J. Abrams). Vous l'aurez donc compris, le film est balisé, ultra référencé et on ne boude pas notre plaisir devant cette pépite cinématographique. D'emblée le scénario nous intègre au coeur d'une Amérique que l'on a tous connus au cinéma étant jeune, celle des années 80 (l'histoire se déroule fin 79). J.J. Abrams parvient avec une rare aisance à nous faire remonter dans le temps, les reconstitutions sont d'une grande précision, entre l'amertume ressentit de la part des américains envers les russes ou encore la référence faite à la centrale nucléaire de Three Mile Island (qui avait connu un incident majeur en mars 1979), des décors en passant par les costumes, on croirait réellement voyager dans le temps et c'est cette impressionnante immersion qui offre au film son cachet old school très crédible tout en nous remémorant des souvenirs d'enfance.

 

Le scénario quant a lui n'a pas été mis de côté au détriment d'une avalanche de SFX. Cette histoire d'adolescents tournant un film de zombies à l'aide d'une caméra Super 8 nous amuse et nous fais irrémédiablement retomber en enfance. Ces dernier se retrouvent confronté à une catastrophe ferroviaire de grande ampleur, filmant par hasard quelque chose qu’ils n’auraient jamais dû voir, ils vont devoir faire face à l'armée et à des évènements inexplicables. Une fois les bases de l'histoire clairement annoncées, le film se regarde d'une traite, 110 minutes où aucun temps mort ne viendra perturber la réalisation sans fausse note de J.J. Abrams (dont le spectaculaire déraillement du train), certes, certains pourront toujours critiquer le côté "familiale" et bien pensant, cher à Spielberg, mais à côté de cela, il faut bien évidemment féliciter l'excellente prestation des comédiens, aux côtés de Kyle Chandler (révélée grâce à la série télévisée Demain à la Une - 1996/2000), on retrouve deux jeunes acteurs talentueux, à savoir Joel Courtney (15 ans) & Elle Fanning (13 ans, plus connue comme étant la petite soeur de Dakota), sans oublier les autres acolytes de second plan. A notre époque, écrire, réaliser et produire un blockbuster de cet acabit pour seulement 45 millions de dollars, de la part d'Hollywood on croirait rêver, mais c'est faisable et on en a la preuve avec cette brillante aventure (nostalgique) qui devraient combler à la fois les plus jeunes comme les plus vieux.

 

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3. La Piel que habito de Pedro Almodóvar ***

 

Pedro Almodóvar s’est lancé dans une libre adaptation du roman français "Mygale" de Thierry Jonquet et en a restitué un savoureux thriller où il est à la fois question d’une obsession, celle d’un chirurgien près à tout pour donner vie à ses fantasmes et celle d’un crime d’amour (dont on n’en dira pas plus afin de ne rien dévoiler de l‘intrigue). Sous les traits d’un banal thriller se dévoile petit à petit un vigilante-movie, c’est véritablement un tour de force opéré par le cinéaste car on ne s’y attend pas une seule fois, tout comme le twist-ending inattendu et imprévisible. Les niveaux de lecture de La Piel que Habito (2011) sont donc nombreux, alternant prodigieusement entre passé et présent, avec son scénario labyrinthique et ses nombreux protagonistes. On ne pourra s’empêcher de faire un parallèle avec Les Yeux sans visage (1960) de Georges Franju dont quelques similitudes subsistent. Pedro Almodóvar, très méticuleux, instaure très rapidement une ambiance à la fois froide et sombre, ainsi qu’une esthétique particulièrement soignée ou il prend son temps et nous distille un palpitant thriller hispanique où le tandem Antonio Banderas (que le cinéaste n’avait pas dirigé depuis Attache-moi ! - 1990) & Elena Anaya fait des merveilles.

 

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2. J'ai rencontré le diable de Kim Jee-woon ***

 

Kim Jee-woon n'en finit plus de nous surprendre et de mettre sur un piédestal le cinéma sud-coréen. Après 2 soeurs (2004) & A Bittersweet life (2006), il nous revient avec un énième film coup de poing, un vigilante-movie qui n'a absolument rien à envier de ses prédécesseurs, grâce à un scénario brillamment écrit, on y découvre un agent secret se lançant sur les traces d'un serial-killer incroyablement sadique, ce dernier ayant froidement assassiné sa femme, il va devoir redoubler d'efforts et d'ingéniosité pour pouvoir se venger. Mais comment y parvenir face à un tueur en série de cet acabit ? Tout simplement en devenant aussi dingue que lui, c'est par le biais de la loi du Talion (lorsque le bourreau devient la victime) que le mari va trouver sa voie, en faisant souffrir atrocement ce dernier comme il l'a fait avec ses victimes. Commence alors un effroyable jeu du chat et de la souris où à chaque fois que le tueur s'en prendra à une victime, il en paiera le prix fort puisque l'agent secret le suit pas à pas et n'hésite jamais à s'acharner sur lui, le bourreau devenant ainsi la victime et le justicier devenant à son tour le bourreau. Qui est à blâmer, qui est à punir ? Sans cesse, le spectateur doit se faire sa propre opinion, Kim Jee-woon joue avec nos nerfs, grâce à une mise en scène parfaitement millimétrée (la scène à l'intérieur du taxi !). Niveau interprétation, là aussi le film fait très fort, en confrontant deux acteurs talentueux, avec d'un coté Lee Byung-Hun et de l'autre Choi Min-sik (découvert dans Old Boy - 2004). J'ai rencontré le Diable (2010) est un énième bijou d'horreur du cinéma sud-coréen, le cinéaste nous assène une véritable claque cinématographique, comme lui seul sait le faire, loin des vigilante-movie US qui en font des tonnes, aucune limite ne semble être donnée aux personnages, on les suit à travers leurs mésaventures morbides jusqu'au-boutiste qui ne semblent jamais vouloir prendre fin.

 

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1. The Murderer de Hong-jin Na ****

 

Le cinéma sud-coréen n'en finit plus de nous bluffer. Deux semaines après la sortie de J'ai rencontré le Diable (2010) de Kim Jee-woon, c'est au tour de Hong-jin Na de bénéficier d'une exploitation en France, après son excellent premier long-métrage : The Chaser (2008), il nous revient en force avec The Murderer (2011), un impressionnant thriller qui vous procure de multiples sensations, durant lesquelles on suit durant 140 minutes la descente aux enfers d'un immigré coréen, qui faute d'argent, accepte d'assassiner un inconnu afin d'éponger ses dettes. Mais ce qui devait être qu'un simple meurtre, va en réalité s'avérer bien plus complexe et sournois qu'il n'y parait. Sans papier, recherché par toutes les polices et la mafia locale, il va devoir redoubler de vigilance pour s'en sortir indemne et rentrer chez lui. Un survival où l'ultra-violence prend tout son sens, à grand renfort de courses-poursuites spectaculaires qui semblent ne jamais vouloir prendre fin, Hong-jin Na n'est pas avare en la matière et nous comble grâce à une mise en scène parfaitement millimétrée, sans aucun temps mort, on suit les protagonistes dans leurs règlements de compte, à coups de pistolets, de haches, de battes de baseball et même d'os à moelle ! Une violence graphiste totalement jubilatoire et jouissive, on ne cache pas notre plaisir d'assister à une sauvagerie rarement mis en scène, comme seul le cinéma sud-coréen sait le faire. Hong-jin Na ne s'est pas limité à réaliser une Série B ultra-violente, il en a aussi profité pour dénoncer une réalité sociale que peu d'occidentaux connaissent, à savoir le sort réservé aux "Joseon-Jok", une minorité sino-coréenne très pauvre, vivant reclus dans un no man's land coincée entre la Corée du Nord et la Russie. Signalons enfin que le film fut nominé à 4 reprises lors du 64ème Festival de Cannes.

 

Critiques by Cinéphile NostalGeek

Rédigé par Geotoine

Publié dans #Critiques

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